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THE LIBERATION OF L.B. JONES (1970)

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Manu  le 03/07/2026 à 17:53
Réalisé par William Wyler
Avec Lee J. Cobb, Anthony Zerbe, Roscoe Lee Browne, Barbara Hershey, Yaphet Kotto.
Film américain
Genre : Drame
Durée : 1h 42min.
Année de production : 1970
Titre français : On n'achète pas le silence

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The Liberation of L.B. Jones est l’ultime long métrage cinématographique du producteur et réalisateur William Wyler. Tourné en extérieurs dans l’état du Tennessee, le film adapte le roman de Jesse Hill Ford « The Liberation of Lord Byron Jones », publié en 1965. Il est coécrit par Ford lui-même et Stirling Silliphant, scénariste du In the heat of the night de Norman Jewison, 3 ans auparavant, et se situe dans la carrière de Barbara Hershey entre le drame adolescent Last summer de Frank Perry et le drame sociétal The Baby maker de James Bridges.

Drame racial de la vague post-Guess who’s coming to dinner de Stanley Kramer et In the heat of the night, The Liberation of L.B. Jones n’est probablement pas ce que le multi-récompensé Wyler a signé de plus marquant au cours de sa longue carrière. L’œuvre souffre en effet d’une facture un peu datée pour son époque comme d’un script qui peine à satisfaire pleinement dans son abondance de sous-intrigues et personnages laissant quelques pistes narratives sur le carreau.

On est donc loin d’un aboutissement total ici, en particulier au niveau de l’écriture. Ce qui, paradoxalement, ne joue pas non plus qu’en la seule défaveur du film. The Liberation of L.B. Jones se montre ainsi moins attendu que prévue dans son développement, de même que moins lourdement signifiante que ses plus illustres ainés, bénéficiant de personnages au comportement plus ambigu, plus complexe.

Bref, dans son créneau, un titre finalement tout à fait recommandable, voire davantage même, me concernant, que certains autres jouissants d’une plus grande notoriété.

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THE CHRISTOPHERS (2025)

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Manu  le 03/07/2026 à 12:48
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Michaela Coel, Ian McKellen, Jessica Gunning, James Corden, Daniel Fearn.
Film anglais, américain
Genre : Drame
Durée : 1h 40min.
Année de production : 2025

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The Christophers est le trente-septième long métrage de Steven Soderbergh en quelques 38 ans d’activité en ce domaine. Tourné à Londres, le film marque la quatrième collaboration du cinéaste avec le scénariste Ed Solomon après les mini-séries à suspense Mosaïc et Full circle et le néo-noir Sudden move. Il se situe dans la carrière de Ian McKellen entre le suspense The Critic d’Anand Tucker et le film fantastique Avengers: Doomsday d’Anthony et Joe Russo. Que serait le cinéma américain sans Soderbergh ? Année après année, films après film, l’ex-jeune prodige à binocle se construit une œuvre aussi riche qu’unique, à l’écart de la demande et des contraintes hollywoodiennes que semblent rencontrer pas mal de ses confrères. Avec un pied dans le système et l’autre fermement ancré dans sa propre galaxie. Une longévité et dense activité qui tiennent sans doute aussi bien à la souplesse du bonhomme, curieux d’aborder tous les genres, qu’à son caractère peu dépensier, toujours séduisant du point de vue de ceux qui le financent, comme, bien entendu, à sa créativité, attirant naturellement les talents. Et qu’importe si la réussite n’est pas systématiquement au bout de l’aventure. Avec Soderbegh, on est a minima certain de jamais voir 2 fois le même film, tout en retrouvant à chaque nouvel opus ce même stimulant univers cinématographique, référentiel mais pas trop, à la fois spontané et cérébral. Ainsi, avec ce Christophers, il surprend, comme à son habitude, en nous concoctant un délicieux huis-clos difficilement classable, à mi-chemin entre la comédie de caractère et le suspense à tiroirs, sur le thème de l’art et sa valeur. Le film est à la fois un régal de mise en scène, laquelle investit ce vieil appartement londonien encombré avec une épatante virtuosité, et de direction d’acteurs, exploitant parfaitement le choc de personnalité qu’offre son duo d’interprètes principaux. Après, comme très souvent avec Soderbegh, on n’est peut-être pas foncièrement impressionné sur le moment, le réalisateur ne cherchant jamais à sortir le grand jeu, semblant toujours jouer la seule modeste carte de l’exercice stylistique. Et cependant on en ressort bel et bien en se disant que l’on vient de voir quelque chose de bien plus riche et personnel qu’il n’y parait, nous invitant naturellement à d’ultérieures révisions. Soit de douces sensations pour le cinéphile, que The Christophers ne manque donc pas de nous procurer à nouveau.

LES SAISONS (TV) (2025)

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Manu  le 03/07/2026 à 08:44
Réalisé par Nicolas Maury
Avec Stéphane Caillard, Géraldine Pailhas, Martine Chevallier, Nicolas Maury, Ophélie Bau.
Mini-série française en 4 parties
Genre : Drame
Durée : 3h 28min. environ
Année de production : 2025

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Initialement diffusée sur la chaîne Arte le 18 décembre 2025, Les Saisons est une mini-série en 4 parties coécrite, interprétée et réalisée par Nicolas Maury, acteur croisé précédemment aux génériques des Beaux gosses de Riad Sattouf et Belle épine de Rebecca Zlotowski notamment. Elle se situe dans la carrière d’Ophélie Bau entre sa partitcipation à la mini-série historique Fortunes de France, réalisée par Christopher Thompson, et la comédie dramatique Sauvons les meubles de Catherine Cosme. Peut-être pas la mini-série française la plus marquante de la période - je manque de toute façon bien trop de connaissances en ce domaine pour pouvoir en juger - mais un bel essai semblant par moment flirter avec l’univers de Rohmer. Soit une ballade sentimentale et familiale dans le temps et, comme l’indique son titre, à travers les saisons. En sa qualité de ballade, Les Saisons prend donc son temps, sans parfois offrir une matière scénaristique très pertinente au spectateur dans le même temps. Mais, sur la longueur, c’est un pari qui s’avère tout de même payant. Cette sensation du temps qui passe, offre et reprend, cet attachement intime qui se crée entre une personne et un lieu au fil des évènements plus ou moins tragiques ponctuant l’existence de chacun sont ainsi des thématiques que le rythme presque nonchalant de cette mini-série permet de développer avec un franc succès sur certaines séquences. Enfin, côté interprétation, je retiendrais évidemment de ces Saisons la présence trop fugace d’Ophélie Bau, toujours aussi désarmante de naturel, en meilleure amie de l’héroïne, dans la seconde partie de cette discrète et attachante mini-série.

BABY: SECRET OF THE LOST LEGEND (1985)

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Manu  le 02/07/2026 à 18:10
Réalisé par Bill L. Norton
Avec William Katt, Sean Young, Patrick McGoohan, Julian Fellowes, Hugh Quarshie.
Film américain, ivoirien
Genre : Fantastique
Durée : 1h 32min.
Année de production : 1985
Titre français : Baby, le secret de la légende oubliée

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Baby: Secret of the lost legend est le quatrième long métrage du scénariste et réalisateur Bill L. Norton. Tourné en extérieurs en Côte d’Ivoire, le film est coécrit par Clifford Green, futur coscénariste du SpaceCamp d’Harry Winer et The Seventh sign de Carl Schultz. Il se situe dans la carrière de Sean Young entre le drame Under the Biltmore clock de Neal Miller, tourné pour la télévision, et la mini-série Tender is the night, réalisée par Robert Knights, soit 2 adaptations de F. Scott Fitzgerald. Un film de dinosaures pré-Jurassik Park, de l'époque où Disney tentait des projets fictionnels plus adultes, sans parvenir à renouer avec le succès. Avec ici, pour résultat, un film tout de même sacrément bancal, presque une anomalie tant il verse par moment une noirceur inadaptée pour son jeune public tout en proposant un récit d'une extrême naïveté. Un flop, en résumé. Mais un flop qui possède malgré tout d’évidents atouts. Déjà, côté interprétation, Sean Young y est craquante et Patrick McGoohan parfait en vil scientifique. Ensuite Jerry Goldsmith, au sommet de son art, donne un sacré coup de fouet à l’ensemble. Enfin, les dinosaures s’avèrent plutôt bien fichus si un brin caoutchouteux. Bref, même si j'en gardais un souvenir beaucoup plus fun, ce Baby: Secret of the lost legend demeure donc, à défaut de mieux, une sympathique curiosité.

UNE AFFAIRE DE PRINCIPE (2024)

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Manu  le 02/07/2026 à 15:23
Réalisé par Antoine Raimbault
Avec Bouli Lanners, Thomas VDB, Céleste Brunnquell, Lisa Loven Kongsli, Vincenzo Amato.
Film français, belge
Genre : Thriller
Durée : 1h 35min.
Année de production : 2024

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Une affaire de principe est le second long métrage cinématographique du scénariste et réalisateur Antoine Raimbault. Le film adapte l’ouvrage d’investigation « Hold-up à Bruxelles, les lobbies au cœur de l’Europe » de José Bové et Jean-Marc Desfilhes, publié en 2014. Il est notamment écrit par Raimbault lui-même et Marc Syrigas, précédemment coscénariste du Rien à faire de Marion Vernoux, et se situe dans la carrière de Céleste Brunnquell entre le drame horrifique En attendant la nuit de Céline Rouzet et le biopic Maria de Jessica Palud. Jamais évident de rebondir après un grand premier film, comme cela était le cas de son Une intime conviction. Challenge que Raimbault relève plus qu’honorablement avec ce thriller politico-judiciaire bien bâti, nous entrainant dans les arcanes des institutions européennes bruxelloise. Un second essai qui tient donc joliment la route, privilégiant sans doute l’efficacité, « à l’américaine », à une analyse en profondeur plus satisfaisante sur le long terme, mais qui réussit tout de même son coup. On se prend rapidement au jeu du suspense, sans se sentir perdu au sein d’enjeux forcément un peu complexe pour un néophyte. Et puis rendre cinégénique l’espace de travail des locaux de la communauté européenne de Bruxelles, cela me semble déjà un petit exploit. D’autres avant Raimbault s’y sont en tout cas cassés les dents (je pense en particulier à Sluizer et son soporifique The Commissioner, découvert récemment).

NIGHTMARES (1983)

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Manu  le 02/07/2026 à 09:04
Réalisé par Joseph Sargent
Avec Cristina Raines, Emilio Estevez, Lance Henriksen, Richard Masur, Veronica Cartwright.
Film américain
Genre : Epouvante
Durée : 1h 39min.
Année de production : 1983
Titre français : En plein cauchemar

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Nightmares est l’une des trois réalisations signées par Joseph Sargent au cours de l’année 1983. Conçue à l’origine pour le petit écran avant d’être retravaillée pour le grand, son contenu ayant été jugé trop « intense » pour la télévision, celle-ci est coécrite par Christopher Crowe, futur scénariste des thrillers The Mean season de Phillip Borsos et Fear de James Foley. Elle se situe dans la carrière sur grand écran de Cristina Raine entre le drame Touched by love de Gus Trikonis et la comédie Real life de Francis Megahy. On est certes loin d’un classique eighties de l’épouvante fantastique avec cette avant-dernière incursion de Sargent du côté du grand écran. Et pourtant, alors que ma précédente révision de ce titre, il y a une bonne vingtaine d’années, m’avait laissé bien plus que sceptique, j’avoue avoir pris cette fois beaucoup de plaisir à ce qui s’avère finalement une modeste mais attachante anthologie horrifique, riche d’un certain savoir-faire old school. Le fait est que l’on ne s’ennuie jamais ici. Les 4 intrigues ont beau se révéler très formatées dans leur contenu, peu subtiles dans leur symbolisme, leurs systématiques petites leçons de morale finales, et pas toujours au top dans leurs effets visuels (cf. le dernier segment, avec ses incrustations de rat géant mal fichues), il se dégage malgré tout de chaque sketch un charme naïf tout à fait séduisant, venant régulièrement nous rappeler les racines télévisuelles du projet sans que cela n’en parasite la forme. Nul doute cependant que l’atout principal de l’œuvre tient à la réalisation de Sargent. On y retrouve pleinement cette humble efficacité directement héritée de l’âge d’or de la télévision américaine, de l’époque des Wendkos, Sagal, Grauman et Spielberg débutant, efficacité soucieuse de ne pas gâcher ni la pellicule, ni le temps du spectateur avec des digressions narratives ou formelles inutiles. Soit du travail joliment pensé pour aller à l’essentiel, comme le délaissera progressivement le cinéma horrifique américain des années 80, percuté de plein fouet par des propositions un peu plus hautes en couleurs (celles de Sam Raimi en premier, pour ne pas le nommer). En résumé, un titre indéniablement faiblard au niveau de l’écriture, mais solidement réalisé, distillant une agréable saveur rétro à défaut d’offrir d’authentiques frissons au spectateur. Avec en prime une distribution riche en figures cultes du fantastique de cette période.

LA PRISONNIERE DE BORDEAUX (2024)

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Manu  le 01/07/2026 à 18:42
Réalisé par Patricia Mazuy
Avec Isabelle Huppert, Hafsia Herzi, Noor Elasri, Magne-Håvard Brekke, Lionel Dray.
Film français
Genre : Drame
Durée : 1h 48min.
Année de production : 2024

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La Prisonnière de Bordeaux est le huitième long métrage de la scénariste et réalisatrice française Patricia Mazuy. Le film est coécrit par Mazuy elle-même, en collaboration notamment avec l’acteur, scénariste, romancier, essayiste et youtubeur François Bégaudeau et la cinéaste Emilie Deleuze. Il se situe dans la carrière de Hafsia Herzi entre le drame Les Gens d’à côté d’André Téchiné et la mini-série policière Cimetière indien, réalisé par Farid Bentoumi et Stéphane Demoustier. Film d’actrices avant tout, que cette Prisonnière de Bordeaux, qui nous régale du jeu de haut vol de ses deux formidables interprètes principales. Leur réunion fait en effet tout le sel de ce petit film jamais ennuyeux à défaut d’être passionnant, qui a peut-être pour défaut essentiel de ne jamais franchement se positionner entre le drame social réaliste au féminin et quelque chose de plus fantasque, plus décalé, flirtant avec le genre policier. On se satisfera donc, en premier lieu, des savoureuses compositions d’Huppert et Herzi ici. Des prestations suffisamment riches, contrastées et complémentaires pour conférer, in fine, à cette Prisonnière de Bordeaux aux intentions un peu floues un joli brin de caractère. Par ailleurs, pouce également levé pour la très agréable partition musicale d’Amin Bouhafa, seyant parfaitement au film.

OTLEY (1969)

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Manu  le 01/07/2026 à 11:39
Réalisé par Dick Clement
Avec Tom Courtenay, Romy Schneider, Alan Badel, James Villiers, Fiona Lewis.
Film britannique
Genre : Espionnage
Durée : 1h 30min.
Année de production : 1969

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Otley est le premier des 6 longs métrages cinématographiques signés à ce jour par le scénariste britannique Dick Clement. Le film adapte le roman homonyme de Martin Waddell, publié en 1966. Il est écrit par Clement lui-même et son habituel partenaire d’écriture, Ian La Frenais, et se situe dans la carrière de Romy Schneider entre le suspense romantique La Piscine de Jacques Deray et le drame de Claude Sautet, Les Choses de la vie. Comédie d’espionnage s’amusant davantage des adaptations de John Le carré et autres représentants sérieux du genre que de James Bond et consort, Otley n’aura finalement, comme les essais suivants de Clement, que peu marqué les esprits en dépit de sa plutôt séduisante affiche. Tom Courtenay y incarne une sympathique glandeur pique assiette, sorte de version Swinging London du David Thewlis de Naked, se retrouvant au cœur d’une affaire volontairement embrouillée de taupe et triples agents. A cet égard, l’interprétation demeure le point fort de ce titre qui, sans être mémorable, m’a tout de même paru un brin plus piquant et tenu que le subséquent et par trop foutraque Catch me a spy du même Dick Clement. Et cela même si Romy, ravissante, n’a en revanche pas grand-chose à faire ici, en agente des services secrets britanniques. Bref, pas déplaisant, agréablement ancré dans son époque mais clairement anecdotique.

L'ATELIER (2017)

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Manu  le 30/06/2026 à 19:34
Réalisé par Laurent Cantet
Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Florian Beaujean, Doudou Masta, Mélissa Guilbert.
Film français
Genre : Drame
Durée : 1h 53min.
Année de production : 2017

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Présenté à Cannes en 2017 dans la section Un certain regard, L’atelier est l’avant-dernier des 9 longs métrages signés par le scénariste et réalisateur Laurent Cantet entre 1997 et 2021. Il est écrit par Cantet lui-même et Robin Campillo, collaborateur de longue date du cinéaste. Le film se situe dans la carrière de Marina Foïs entre la comédie Papa ou maman 2 de Martin Bourboulon et la mini-série Manon 20 ans, réalisée par Jean-Xavier de Lestrade. Et une belle réussite de plus pour Cantet, posant une nouvelle fois un regard à la fois bienveillant et d’une grande acuité sur le monde d’aujourd’hui. Avec ici, en embuscade, derrière les passionnants échanges de ce portrait de groupe, le spectre de l’inexorable montée des idéologies extrêmes dans la France du premier quart du vingt-et-unième siècle. L’atelier n’est cependant pas une œuvre se résumant seulement à vision inquiète de l’avenir. C’est fort heureusement un film qui, comme précédemment Entre les murs et Retour à Ithaque, lutte et également et milite en premier lieu pour le dialogue - ici intergénérationnel. Un film qui, avant tout, cherche à comprendre l’autre, invitant le spectateur à une réflexion ouverte. Au risque d’ailleurs de parfois le dérouter quelque peu. Bref, un cinéma d’une intelligence et générosité bien trop rares, poussant à la réflexion sans enfermer son sujet dans un discours binaire, osant les contradictions, les zones d’ombre et l’absence frustrante de réponse. Et qui vient nous rappeler combien Cantet fut et reste un cinéaste précieux dans le paysage cinématographique français de ces dernières décennies.

THE ASSASSINATION OF TROTSKY (1972)

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Manu  le 30/06/2026 à 12:25
Réalisé par Joseph Losey
Avec Richard Burton, Alain Delon, Romy Schneider, Valentina Cortese, Luigi Vannucchi.
Film anglais, français, italien
Genre : Historique
Durée : 1h 43min.
Année de production : 1972
Titre français : L'assassinat de Trotsky

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The Assassination of Trotsky est le vingt-troisième long métrage cinématographique de l’américain Joseph Losey. Le film marque la cinquième et dernière réunion à l’écran des acteurs Alain Delon et Romy Schneider (si l’on inclut ici le Plein soleil de René Clément et L’amour à la mer de Guy Gilles). Il se situe dans la carrière de Richard Burton entre le drame Under milk wood d’Andrew Sinclair et la comédie Hammersmith is out de et avec Peter Ustinov. Pas convaincu par cette production de Laurentiis franco-italo-britannique à la prestigieuse affiche dont j’ai longtemps repoussé la découverte, comme si je sentais que cela n’allait pas bien se passer. Et c’est donc bien ce qui s’est produit. Loin du « blockbuster » historique à grande échelle, mêlant suspense et politique, pour lequel Burton pensait initialement avoir signé, The Assassination of Trotsky est un film passablement statique, dramatiquement inerte, à l’écriture pesante (par l’auteur / scénariste de l’abscons Impossible objet de John Frankenheimer - j’ai pris peur dès que j’ai vu ça) et l’interprétation guère plus enthousiasmante. Maniérée, globalement foireuse, je sauve tout de même de celle-ci les quelques apparitions de Romy, toujours à fond. Et même si, au bout d’une heure, l’ensemble s’anime un brin, l'étau se resserrant alors autour de son personnage-titre, il n’en devient pas beaucoup plus palpitant pour autant. Bref, me concernant, du Losey pénible, certes pas inintéressant, mais face auquel il faut tout de même s’armer d’un certain courage pour tenir sans somnoler, et que je rangerais volontiers aux côtés de Boom et La Truite.

THIRD DEGREE BURN (TV) (1989)

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Manu  le 30/06/2026 à 09:07
Réalisé par Roger Spottiswoode
Avec Treat Williams, Virginia Madsen, Richard Masur, CCH Pounder, John Aylward.
Téléfilm américain
Genre : Policier
Durée : 1h 36min.
Année de production : 1989
Titre français : Séduction rapprochée

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Third degree burn est le huitième long métrage du monteur, réalisateur, producteur et plus sporadiquement scénariste canadien Roger Spottiswoode. Cette production HBO Pictures est écrite par Yale Udoff, scénariste du Bad Timing de Roeg, et Duncan Gibbins, futur réalisateur d’Eve of destruction (décédé tragiquement dans les incendies de Los Angeles de 1993, en tentant de sauver son chat des flammes). Il se situe dans la carrière de Virginia Madsen entre la comédie hippique Hot to trot de Michael Dinner et le drame Heart of Dixie de Martin Davidson. Pur film noir tel que revisité par le cinéma américain des années 80, à partir du Body heat de Lawrence Kasdan, Third degree burn ne vise certainement pas à réinventer le genre. Le film de Spottiswoode lui emprunte à l’inverse tous ses codes et stéréotypes, sans rechigner à user de petites facilités sur plusieurs de ses rebondissements. On pourrait donc légitimement s’agacer d’un tel manque d’inventivité de la part de ce titre. Sauf que Third degree burn possède au moins le mérite de jouer la partie cartes sur table. Et que, niveau atmosphère, on est en plutôt gâté. Les beaux yeux de Virginia Madsen, la trombine de loser de Treat Williams, du saxo plein l’enrobage musical (signé du talentueux Charles Gross, dont je viens seulement d’apprendre la disparition, en mars dernier), de la Ford LT Crown Victoria rutilante, une belle scène de danse séduction dans un bouge du fin fond de l’Arizona : On n’est peut-être pas chez John Dahl mais l’essai de Spottiswoode possède tout de même quelques sérieux atouts pour séduire l’amateur. Et j’avoue que, au final, s’il me fallait retenir seulement 4 ou 5 titres de l’éclectique filmographie de Spottiswoode, ce Third degree burn en ferait définitivement parti.

BAFFLED! (1972)

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Manu  le 29/06/2026 à 19:51
Réalisé par Philip Leacock
Avec Leonard Nimoy, Susan Hampshire, Rachel Roberts, Vera Miles, Ray Brooks.
Téléfilm anglais
Genre : Fantastique
Durée : 1h 36min.
Année de production : 1972
Titre français : Au seuil de la psychose

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Originellement diffusé sur la chaîne NBC le 30 janvier 1973, Baffled! est l’un des 4 longs métrages réalisé par le britannique Philip Leacock pour le petit écran américain au cours de l’année précédente. Tourné en Grande Bretagne et produit par Leacock lui-même, il est écrit par Theodore Apstein, scénariste du What ever happened to aunt Alice ? de Lee H. Katzin et Blood link d’Alberto De Martino. Téléfilm conçu comme le pilote d’une possible série télé, Baffled! n’en aura jamais rempli cet objectif. Et je ne vois guère matière à s’en émouvoir au regard du résultat proposé. Non pas que l’ensemble soit foncièrement déplaisant à suivre. Mais disons que l’intérêt de celui-ci réside presque essentiellement dans son involontaire charme kitsch, amusant sur 75 minutes, sans doute rapidement lassant sur un format plus long. A défaut d’impressionner, Baffled! se savoure donc, sourire en coin, pour son contenu fantastique savoureusement rudimentaire, pour ne pas dire ringard, tout en faisant preuve d’une certaine élégance et efficacité dans sa confection. Un travail de qualité, indéniable fruit du savoir-faire de son réalisateur, Philip Leacock, cinéaste anglais ayant curieusement opté pour une seconde carrière du côté du petit écran US, une dizaine d’années avant la plupart de ses compatriotes (poussés quant à eux par la crise du cinéma britannique des années 70). A voir enfin, également, pour y découvrir un Leonard Nimoy tout en décontraction, presque un peu dragueur même, improbable pilote automobile de courses se découvrant voyant.

ONE SPOON OF CHOCOLATE (2025)

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Manu  le 27/06/2026 à 07:31
Réalisé par RZA
Avec Shameik Moore, RJ Cyler, Paris Jackson, Emyri Crutchfield, Blair Underwood.
Film américain
Genre : Action
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2025

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One spoon of chocolate est le quatrième long métrage cinématographique de l’artiste aux multiples facettes RZA. Coproduit et écrit par RZA lui-même, le film se situe dans la carrière de son interprète principal, Shameik Moore, entre la comédie The Gutter de Isaiah et Yassir Lester et sa participation à la cinquième saison de la série Power Book III : Raising Kanan. A défaut d’être un touche-à-tout de génie, RZA aura eu la bonne idée, côté cinéma, de côtoyer quelques valeurs relativement sûres en ce domaine, tels que Jim Jarmusch, Ridley Scott, Judd Apatow ou encore Quentin Tarantino (ici producteur exécutif d’ailleurs). Des fréquentations sans aucun doute enrichissantes, dont l’impact se fait positivement ressentir sur ses propres réalisations, non dépourvues d’ambition et plutôt tenues, clairement tournées vers des méthodes de narration ayant fait leurs preuves dans les années 60 / 70, à l’image du cinéma de son camarade Tarantino. Le problème- car problème il y a - sur ce One spoon of chocolate vient donc davantage de l’écriture. RZA s’y montre là encore plus ambitieux que la moyenne. Le film a clairement des choses à dire sur la dérive extrême-droitière de l’Amérique contemporaine. On n’est pas seulement là pour s’amuser, comme chez Robert Rodriguez, pour rester dans l’univers tarantinien. Malheureusement le film n’arrive jamais vraiment à trouver le juste équilibre entre le discours et l’action, brouillant de surcroit un peu plus les cartes avec son carton introductif nous indiquant que ce que l’on va voir est inspiré d’une histoire vraie. Annonce que le spectaculaire carnage final, opéré par le personnage principal, ne manque pas de questionner davantage. Au final, un film bancal mais plutôt attachant au fond, qui semble un peu se perdre dans ce qu’il entend raconter / dénoncer, mais dont l’aspect boiteux participe également, pour une part non négligeable, au charme.

16 ANS (2022)

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Manu  le 24/06/2026 à 08:43
Réalisé par Philippe Lioret
Avec Sabrina Levoye, Teïlo Azaïs, Nassim Lyes, Jean-Pierre Lorit, Marie Dompnier.
Film français
Genre : Drame
Durée : 1h 34min.
Année de production : 2022

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16 ans est à ce jour le dixième long métrage de l’également scénariste et l’ancien ingénieur du son Philippe Lioret. Le film est écrit par Lioret lui-même, en collaboration avec Xabi Molia, précédemment scénariste et réalisateur du drame Comme des rois avec Kad Merad. Il se situe dans la carrière de Teïlo Azaïs entre la comédie C’est quoi ce papy ? de Gabriel Julien-Laferrière et le drame romantique La Vie devant toi, réalisé pour le petit écran par Sandrine Veysset. Et encore une très belle réussite de la part de Lioret, cinéaste me faisant quelque part penser au grand Claude Sautet, dans le classicisme avec un grand C de ses travaux, synonyme ici de rigueur, humanité et générosité. Version moderne de Romeo et Juliette, 16 ans avait ainsi pour tomber dans les clichés du film de banlieue à message bien gênant, fait par quelqu’un qui n’y vit pas. Piège que déjoue brillamment ce titre, par le biais d’une approche à la fois nuancée - pas vraiment de gentils affrontant des méchants ici - et d’une implacable précision dans sa mécanique scénaristique, comme d’une direction d’acteur impeccable, génératrice de prestation d’une grande justesse. Sans forcer le trait, en montrant simplement des personnages entrainés dans une situation dérapant inexorablement, Lioret livre avec ce 16 ans un mélodrame sociétal intense, ajoutant ainsi une réussite de plus à une filmographie d’une cohérence, ambition et tenue qualitative plus que satisfaisante à ce jour.

LIGHTNING FIELD (TV) (1991)

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Manu  le 24/06/2026 à 07:48
Réalisé par Michael Switzer
Avec Nancy McKeon, Elpidia Carrillo, Miriam Colon, Tantoo Cardinal, Polly Bergen.
Téléfilm américain
Genre : Epouvante
Durée : 1h 29min.
Année de production : 1991
Titre français : Le Syndrome de la mort

Critique cinema   Critique film de Manu

Lightning field est l’un des 2 longs métrages signés pour le petit écran par Michael Switzer sur l’année 1992. Initialement diffusé le 11 septembre 1991 sur la chaîne câblée USA Network, il est écrit par Michael J. Murray, précédemment scénariste des films d’épouvante The House of Usher et The Masque of the red death, tous 2 signés Alan Birkinshaw et se situe dans la carrière d’Elpidia Carrillo entre le drame Ciudad de ciegos d’Alberto Cortés et la chronique de guerre Pumaens datter de Asa Faringer et Ulf Hultberg. Production télé horrifique typée film de malédiction, Lightning field carbure à l’attendu dans sa trame comme dans sa confection. On ne peut donc pas dire que la barre du trouillomètre franchisse des niveaux très élevés tout au long de ce récit par trop encombré de clichés, tout juste sauvé de l’anonymat complet par la noirceur de quelques péripéties, un brin plus poussée qu’attendue de la part d’une œuvre télévisuelle standard comme celle-ci. Rien de mémorable donc, à signaler, au menu de ce tout juste acceptable Lightning field, écrit et réalisé après professionnalisme, mais sans flair pour le genre fantastique, sans idée intéressante ou amusante, sans prestation marquante à l’écran, même si cela fait toujours plaisir de retrouver la belle Elpidia Carrillo à l’écran. Disons qu’on ne s’y ennuie pas, que son esthétique début nineties pourra peut-être séduire quelques spectateurs nostalgiques (comme moi) mais qu’il y de fortes chances pour que l’on oublie toute cette affaire très rapidement avec sa découverte.

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