Critique de
Manu4.0
A plein temps est le second long métrage cinématographique d’Eric Gravel après la comédie dramatique Crash Test Aglaé, sortie en 2017. Le film est écrit par Gravel seul et se situe dans la carrière de son interprète principale, Laure Calamy, entre la chronique familiale Louloute d’Hubert Viel et le drame de Cécile Ducrocq, Une femme du monde.
Joli succès critique pour cette chronique sociale que Gravel à l’idée, sans doute pas révolutionnaire mais d’une imparable efficacité, de traiter comme un authentique thriller. Ainsi, au lieu d’affronter une bande de tueurs masqués, cambrioleurs déterminés ou autre archétype de l’antagoniste du cinéma d’action, l’héroïne d’A plein temps affronte ici, au quotidien, la pression professionnelle, le risque de précarité et l’incertitude du lendemain. Menaces, il va sans dire, beaucoup plus prégnantes pour le commun des spectateurs.
Et tout cela fonctionne à plein régime. Car la mise en scène est un concentré d’énergie, l’écriture trouve l’équilibre parfait entre efficacité narrative de quasi film de genre, portrait intime d’une combattante de tous les jours et peinture sociétale d’un pays post-gilet jaune qui gronde sous le poids des petites et grandes injustices mais continue de s’accrocher, coûte que coûte.
Enfin, me concernant, cet A plein temps, c’est aussi la révélation d’une actrice que j’avais déjà dû croiser à plusieurs reprises sans trop la remarquer et dont le talent crève ici l’écran : Laure Calamy. De tous les plans ou presque, elle rend cette odyssée du quotidien à la fois palpitante et extrêmement touchante, d’une intensité constante. Avec en prime, par moment, une bienvenue petite touche de légèreté ajoutant un doigt d’humanité supplémentaire à son exceptionnelle composition. Bref, conquis je suis par ce must-see du cinéma français de la décennie Macron.